Le moment est enfin venu, votre chiot va rentrer avec à la maison. Il va vivre son premier voyage en voiture.

C’est sa première grande sortie, mais aussi la séparation avec un environnement connu et rassurant, et la confrontation avec des personnes inconnues. Pour l’aider à passer ce moment difficile, mieux vaut s’installer près de lui dans la voiture à l’arrière.

A l’arrivée à la maison, le chiot a besoin de calme pour explorer son nouvel environnement, qui doit être parfaitement sécurisé.

Il est nécessaire de faire le tour du jardin et de chaque pièce de la maison en laisse (l’apprentissage de la laisse étant déjà acquis lorsque les chiots de notre élevage sont vendus).Il est aussi nécessaire lors de l’acquisition du chiot de ne pas le porter car à deux mois il doit être indépendant, il ne doit pas être inhibé par l’homme ou par un autre chien.

Évitez les visites incessantes, attendez quelques jours pour cela. Vous aurez pris soin de préparer ses affaires et leur emplacement (gamelle d’eau à disposition, couchage confortable, jouets adaptés). Vous aurez également veillé à cacher tous les fils dans des protections et à retirer les plantes qui peuvent être toxiques pour lui. Ne laissez pas traîner des objets faciles à attraper (télécommande, téléphone portable, magazine, chaussures dans l’entrée). Ce chiot ne connaît pas le monde dans lequel il vient d’être propulsé, il vaut mieux ne pas le tenter et assurer sa sécurité. Appelez-le très amicalement par son nom; c’est la première chose que vous pouvez lui apprendre, en le félicitant avec des caresses et du verbal.

Il doit pouvoir se reposer dans un lieu calme et confortable, adapté à sa taille.

Respectez son sommeil et apprenez à vos enfants à faire de même, c’est très important pour son développement. Les chiots aiment dormir au contact des autres, c’est ce qu’il faisait il y a moins de vingt-quatre heures, accordez-lui un temps d’adaptation, sans traumatismes: la première nuit, vous pouvez placer son couchage dans la chambre près de votre lit. Chaque jour, vous l’éloignerez un peu jusqu’à le placer à l’endroit choisi à l’extérieur de la chambre.

Il semble que l’idéal soit trois repas par jour pour un chiot de huit semaines.

Toutefois, demandez conseil à votre vétérinaire. Une distribution en libre-service est déconseillée et est difficile à gérer pour l’apprentissage de la propreté. Laissez le chiot manger seul au calme pendant dix à quinze minutes.

Le chiot aura besoin de quatre à cinq mois pour devenir propre.

C’est le temps dont il a besoin pour apprendre à se retenir, avec des variations d’un individu à l’autre et selon les conditions d’élevage. Proposez-lui des sorties dès qu’il se réveille et juste après les repas. Elles doivent être très fréquentes et dans des endroits propices à faire -un espace herbeux, par exemple- et non souillé par des déjections canines. En balade, tant qu’il n’a pas fait ses besoins, ne jouez pas avec lui, sinon il oubliera de faire et, après l’excitation du jeu, il s’oubliera en arrivant à la maison. Ne placez pas de journaux, de serpillières ou de tapis sur le sol de la maison; en procédant ainsi, vous lui apprenez à faire à l’intérieur. Mais s’il lui arrive de s’oublier devant vous dans la maison, déplacez-le dans le jardin et félicitez le dès qu’il a fait.

Pour le sortir, vous devez l’habituer au port du collier. Quelques jours seront nécessaires.

Choisissez un collier léger en tissu ou en cuir souple, évitez les colliers trop lourds ou en métal. Profitez d’un moment de jeu pour le lui poser et le lui faire oublier; laissez-le-lui quelques minutes puis retirez-le et renouvelez l’opération un peu plus tard. Lorsque vous vous absentez, retirez le collier à votre chiot pour éviter un accident, par exemple une clé de buffet qui se prend dans le collier et étrangle l’animal.

Afin de continuer le travail de familiarisation et de socialisation de l’éleveur, sortez votre chiot.

Son avenir dépend des bonnes conditions de développement à l’élevage, mais c’est vous qui prenez le relais et vous devez poursuivre le travail de l’éleveur. Ne secouez jamais votre chiot par la peau du coup, cela peut le traumatiser. Ne lui criez pas dessus, il pourrait devenir peureux.

Un bon départ est primordial.

Pour vous permettre de partir sur de bonnes bases avec votre chiot, afin d’éviter les erreurs et de connaître les comportements que vous devez adopter face aux agissements de votre animal, l’éducateur canin et comportementaliste spécialiste des relations homme/animal peut vous guider dans cette aventure. N’attendez pas que les problèmes surviennent, anticipez et faites vous accompagner des la première semaine de présence de votre chiot. Le professionnel pourra repérer la personnalité de votre chiot, vous guider dans les besoins et anticiper pour l’avenir.

 

Sandrine Otsmane, éducateur canin et comportementaliste chien et chat certifiée. Spécialiste des relations homme/animal diplômée de l’université La Sorbonne

 

Réussir la socialisation:

Un chien bien socialisé sait vivre en société, communiquer et se contrôler.

Le chien est un animal social qui vit, à l’état sauvage, en groupe d’une dizaine d’individus au maximum. Un chien adulte bien socialisé, qu’il soit alpha, béta ou oméga, doit pouvoir respecter les règles du groupe et les individus avec lesquels il vit. Il doit donc pouvoir se contrôler, savoir attendre, se soumettre ou arrêter d’agresser quand l’autre chien se met en posture de soumission. Une bonne socialisation est nécessaire pour une bonne communication, le chien pouvant comprendre correctement les intentions de l’autre et y répondre de façon adaptée.

Etre habitué à l’environnement dans lequel on vit.

Pour vivre harmonieusement en famille, le chien doit être confiant en l’environnement ou il se trouve. Il ne doit pas avoir peur. Par conséquent, la socialisation implique aussi que le chien s’adapte facilement quand il change d’environnement, parce qu’il a été habitué à suffisamment de stimulations dans les trois premiers mois de sa vie, notamment toutes les stimulations qui se rapportent à la vie de famille, avec les humains (adultes et enfants), mais aussi les bruits de cuisine, la télévision, les sonneries de téléphone… et la vie urbaine (voiture, bus, vélo)

Conduite à tenir pour une bonne socialisation: Pour bien socialiser des chiots qui sont destinés à être de bons chiens de famille, c’est-à-dire qui savent se soumettre et se contrôler, qui ne présentent pas de peurs anormales, et sont habitués à l’homme, il faut “naturellement” répondre à trois questions essentielles: la mère, l’environnement et l’entourage humain.

  • Une bonne mère pendant au moins deux mois: la présence permanente de la mère, pendant au moins les deux premiers mois de la vie du chiot, si tant est qu’elle ne présente pas de troubles du comportement, est indispensable pour que le chiot se développe physiquement et psychiquement de manière harmonieuse.
  • Un environnement suffisamment stimulant les trois premiers mois. La socialisation passe aussi par l’habituation des chiots aux stimulations de l’environnement qui les entoure et ce, avant l’âge de trois mois. C’est comme s’il fallait qu’ils remplissent au mieux leur base de données avant cette date, car ensuite leur capacité d’apprentissage diminue nettement.
  • Des contacts réguliers et gentils avec les humains et d’autres espèces. La socialisation à l’homme qui est essentielle pour un chien de compagnie, nécessite évidemment la présence d’êtres humains attentionnés pendant les trois premiers mois de la vie du chiot.

 

Un deuxième chien à la maison.

Question:

“J’ai une chienne beauceron de 7 ans, très affectueuse et assez possessive. Nous allons recueillir à la maison un chien de race labrador âgé de quelques mois d’ici quelques jours. Les deux chiens se sont rencontrés une fois dans un parc: ma chienne a grogné pendant une demi-heure alors que le chiot souhaitait jouer et venait régulièrement la solliciter. Que me conseillez-vous pour que l’adoption du deuxième chien se passe le mieux possible ? Faudra-t-il séparer les gamelles, paniers et autres accessoires ?”

Réponse du Dr Dramard:

Oui, évidemment, pour leur tranquillité, il vaut mieux que votre chienne et le chiot aient un lieu de couchage chacun et qu’ils mangent dans des gamelles différentes. Si votre chienne est bien socialisée à ses congénères, si elle sait reconnaître un jeune chien d’un adulte, un mâle d’une femelle, si elle sait jouer avec un chien mais aussi éviter un congénère qui la menace, la cohabitation se passera bien. Mais, vous écrivez qu’elle a grogné pendant une demi-heure (!), alors qu’il venait régulièrement la solliciter pour jouer? Était-elle attachée? Pourquoi le chiot revenait l’embêter si elle était menaçante? Le chiot est-il hyperactif? Votre chienne est-elle particulièrement irritable? Craintive? La réponse à votre question n’est pas simple puisqu’elle ne concerne pas seulement le contexte de vie mais le comportement de chacun des chiens. Si vous êtes inquiète, demandez conseil auprès des professionnels du comportement.